Les fondeurs de bijoux sont de véritables artistes. A mi chemin entre la physique, la chimie, c'est avant un métier de passion dans lequel la création artistique a toute sa place. Ce sont ces artisans fondeurs qui réalisent les prototypes de tous les bijoux, mais aussi des pièces uniques de joaillerie, des bijoux en série... Vous trouverez ici une sélection de fondeurs, dont le métier est de préparer les moules et de réaliser des maquettes puis des pièces de bijouterie uniques ou pour des séries. Ces artisans réalisent un travail d'une grande minutie issu de savoirs faire ancestraux où la technologie de précision tient une place prépondérante. Ces artisans fondeurs réaliseront vos travaux en or ou en argent.
La fonderie de bijoux, un art maîtrisé depuis l'Antiquité
Les pièces d'orfèvrerie et de bijouterie les plus anciennes réalisées selon cette méthode à cire perdue semblent remonter à l'Antiquité. Le moule ajusté autour de la pièce en cire était réalisé en argile ou en terre cuite. Cette technique était utilisée en complément de celle du martelage qui manquait de précision.
Fondeur de bijoux, savoir faire et hautes technologies
Bien que la fabrication de bijoux soit maîtrisée depuis des millénaires, le fondeur de bijoux est aujourd'hui assisté par des technologies de pointes qui lui permettent d'aller sans cesse plus loin dans son travail de finesse et de précision. Conception assistée par ordinateur avec une restitution en trois dimensions de l'image, scan 3D et moule imprimé en 3D d’après croquis offrent de nouvelles capacités de travail aux fabricants de bijoux. C'est aussi de la précision de ce travail de préparation que dépend, en partie, la finesse et les détails du bijou à réaliser. Ces nouveaux outils de travail permettent d'optimiser la création et la réalisation des maquettes des pièces de bijouterie ou de joaillerie.
Grâce à l'usage de plus en plus répandu de ces nouvelles technologies de pointe, les fondeurs de bijouterie sont à même de proposer à leurs clients des prototypes d'une précision absolue. S'ils sont assistés par ces outils informatiques, la coulée, le travail des alliages, et les finitions n'en demeurent pas moins des interventions qui nécessitent toujours le même savoir faire et la même expertise.
Fonte de bijoux à cire perdue
La méthode la plus communément utilisée par les fondeurs de bijoux est la méthode dite de fonte à cire perdue. Ce procédé consiste à remplacer un modèle initial réalisé en cire par du métal en fusion, or, argent ou vermeil, dans un moule. Cette méthode de fonte à cire perdue est très utilisée car elle permet de réaliser des bijoux aux formes complexes, sans soudures avec une précision du détail remarquable. Cette technique de fonte de bijoux permet aussi de réaliser des pièces identiques en séries.
Réalisation de la maquette
Le bijoutier ou le joaillier réalisera un croquis très précis du bijou fini afin que l'artisan fondeur puisse en réaliser la première maquette. Cette maquette qui sera fabriquée soit en métal soit en cire, à la main ou à l'aide d'une imprimante 3D servira au fondeur pour réaliser son moule.
La création du moule
Fabriqué en silicone ou en caoutchouc, le moule est l'empreinte exacte de la maquette. C'est à l'intérieur de cette empreinte que l'artisan fondeur injectera de la cire sous pression à 70°C pour la réalisation du bijou. La pression et le temps de poussée de la cire revêtent un caractère essentiel et une parfaite maîtrise . Lorsqu'elle est refroidie, la cire est alors extraite. On passe alors à l'étape de grappage.
L'étape de montage en grappage et de mise en revêtement
Chaque élément de cire est alors posé sur une tige chauffée à 45° venant ainsi forme ce que l'on appelle un arbre de coulé. Cet arbre est lui même placé dans un cylindre métallique où le fondeur de bijou va couler un mélange de plâtre réfractaire à 40% pour y noyer l'ensemble. Cette étape de mise en revêtement à pour but de remplir tous les vides entre les maquettes de cire ; un remplissage très méticuleux qui doit permettre de reproduire les moindres détails du cisellement des cires.
La cuisson
Placé, dans un premier temps dans un four à 150°C pour entamer le cycle de décirage qui fera fondre la cire, la température est ensuite montée jusqu'à 750°C ou 800°C où le plâtre va durcir. Il ne restera plus dans le moule que l'empreinte de l'arbre en cire. Le procédé de fonte à cire perdue tire son nom de cette étape de la fonderie de bijou où la cire est perdue.
La fonte des métaux
Chacun des métaux a un point de fusion qui lui est propre. L'or, selon les alliages atteint son point de fusion à 1064° C, l'argent, lui, fond à partir de 962° C, tandis que le platine se liquéfie à partir de 1768° C. Chacun de ces métaux nécessite d'être fondu séparément et selon des conditions bien spécifiques afin de leur conserver toutes leurs qualités mécaniques uniques. La plupart des artisans fondeur utilisent de petites machines de fonderie adaptées et vibrantes. Les creusets utilisés pour la fonte des métaux sont maintenus à très hautes températures jusqu'à l'étape suivante. Ce travail de fonte est aussi réalisé de manière très méticuleuse pour les alliages qui nécessitent, eux, une connaissance encore plus pointue du travail de fonte selon les caractéristiques physiques et chimiques de chacun des métaux entrant dans la composition de l'alliage attendu.
L'instant de la coulée du métal
La coulée du métal (or, argent ou vermeil) se réalise dans une chambre à vide. Le fondeur verse alors le métal en fusion dans le moule en plâtre où la cire fondue a laissée l'empreinte exacte du bijou en fabrication. Si pour ces trois métaux, le métal pénètre les empreintes par gravitation, en revanche pour le travail de l'acier, du titane ou du platine, la coulée se fera par centrifugation. Ces deux procédés visent à renforcer les qualités mécaniques de chaque métal et de renforcer leur compacité.
Le décochage et le démoulage des pièces brutes.
Une fois cette dernière opération achevée, le cylindre de plâtre réfractaire est alors plongé dans un bain d'eau glacée. Avec le choc thermique, le plâtre se désagrège, c'est le décochage. Cette opération vise à mettre à nue de l'arbre de métal. Après un nouveau temps de refroidissement à l'air libre, il ne reste plus alors à l'artisan fondeur qu'à rincer soigneusement son arbre sous un jet d'eau sous pression, éventuellement à effectuer une opération de sablage et un bain d'acide pour révéler l'éclat du métal et effacer toutes les éventuelles traces d'oxydation, c'est l'opération de dérochage. Les pièces sont maintenant prêtes à être extraites de l'arbre de métal grâce à des pinces coupantes ou à un ébarbage par exemple.
Les finitions
La plupart des ateliers de fonte en bijouterie proposent un travail de finition. Ces finitions doivent être soignées et elles nécessitent une grande patiente et beaucoup de dextérité. Ce travail à consiste en de nombreuses étapes de polissage, de meulage mais aussi d'assemblage par soudure au micro chalumeau ou au laser dans le cas de bijoux complexes. Certaines de ces opérations doivent être réalisées à l'aide d'un microscope pour parfaire le travail de précision.
Le poinçonnage
Étape finale de la création d'un bijou, le poinçonnage vient apporter des précisions indélébiles quant à la qualité du métal coulé pour la réalisation de la pièce de bijouterie ou de joaillerie. Ce poinçonnage d’État est obligatoire à partir d'un certain pourcentage de métal précieux dans le bijou. Certains ateliers de fonderie proposent cette prestation aux bijoutiers dans le cadre de la fonte de bijoux, alors que certains bijoutiers tiennent à réaliser eux même ce poinçonnage.
Les métaux travaillés par les artisans fondeurs
Si, par définition, les artisans fondeurs sont à même de fondre de très nombreux métaux, certains, dans le cadre de la fonte en bijouterie, sont plus ou moins prisés. Globalement les fondeurs en bijouterie travaillent essentiellement de l'or 22 carats qui contient 91.7% de métal pur, de l'or 18 carats titrant à 75% d'or pur, de l'alliage d'or 14 carats avec 58.3% d'or pur, du 12 carats à 50% d'or jusqu'au 9 carats contenant uniquement 37.5% d'or pur.
Tout comme l'or pur, l'argent pur demeure un matériau trop "mou" pour réaliser des bijoux. Il est donc généralement allié à du cuivre pour accroitre sa résistance. Les fondeurs en bijouterie travaillent généralement de l'argent pur à 92.5% associé à 7.5% de cuivre.
Quant au platine, sans doute le plus précieux de tous les métaux, il est travaillé par des artisans experts dans les fonderie pour bijouterie. Le platine généralement utilisé titre à hauteur de 95.5 % de métal pur.